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Depuis maintenant quelques années, nous retrouvons
avec plaisir sensiblement les mêmes acteurs,
Mélanie Douillet, Rémi Forelle, Jean-Marie Reignier,
José Robinet, Michel Morel…
Rien d’anormal jusque
là, puisque les thèmes judicieusement retenus
sous la houlette de notre président régional Philippe Ravillon, correspondent aux préoccupations d’actualité,
et concernent particulièrement tous ces intervenants.
Alors, d’où vient cette impression d’exceptionnel, qui
fait que l’on ne regrette pas d’être venu ? D’où vient
ce sentiment, partagé par la centaine de participants,
qu’il ne fallait pas rater ce rendez-vous annuel
à Chalons ?
Le rythme peut-être ?
La succession d’interventions
courtes et judicieusement percutantes était
savamment orchestrée par le directeur du BCMA,
P. Estanove, particulièrement en forme ce jour‑là !
Ou bien le contenu ? Car il est vrai que cette fois
encore, tout le monde est reparti avec la certitude
d’avoir appris quelque chose, dans ce surprenant
magma de réglementations, de normes et de directives.
Connaissiez-vous par exemple la différence entre un
engin de manutention et un engin de levage ?
Oui
bien sûr, ces deux types d’engins n’ont rien à voir
techniquement l’un avec l’autre. La manutention correspond
à tout ce dont a besoin notre milieu agricole,
le levage, ce serait plutôt les automoteurs que l’on
rencontre dans les entrepôts, non ?
Le suspense, très bien entretenu par Ph. Estanove,
a abouti à une classification d’une simplicité déconcertante,
mais lourde de conséquences sur le plan
législatif et juridique.
En effet, l’engin de manutention travaille sur toutes
sortes de produits en VRAC, l’engin de levage…
eh bien c’est le même, mais il manipule des
MARCHANDISES, en clair, des produits emballés.
C’est le même matériel, mais la législation y afférant
est fondamentalement différente du point de vue des
contrôles et de la sécurité, bien plus contraignantes
pour le levage. C’est normal, vous conviendrez que
recevoir une marchandise sur la tête est bien plus
dangereux que de se faire écraser par une tonne de
vrac n’est-ce pas ?
Quelques précisions, car l’information est d’importance
: l’engin de levage est soumis à un contrôle
tous les six mois, dont une vérification de charge
nécessitant la présence de clapets antiretour pour
effectuer la mesure réglementaire. L’engin de manutention
ne doit satisfaire qu’à un simple contrôle
annuel.
Prenons le cas du chargeur télescopique,
maintenant très largement répandu dans les exploitations
d’élevage : tant qu’il manipule de l’ensilage en
vrac, pas de problème. Mais qu’il se prenne à gerber
des bottes de fourrage ou des balles enrubannées, et
le voilà transformé en engin de levage !
L’ennui, vous l’avez compris, c’est que les clapets antiretour ne sont pas présents sur tous les engins
de manutention, qui ne peuvent donc satisfaire aux
exigences de la réglementation afférente à la manipulation
des bottes rondes.
Que doit faire l’utilisateur ?
Que penser des documents
marketing montrant les matériels sur les chantiers
de fourrage et au stockage des balles ?
Ne posez plus de questions, nous ne pouvons malheureusement
que vérifier le constat de l’année
dernière, à la conférence sur la circulation des véhicules
: les circonvolutions cérébrales du législateur
sont toujours aussi impénétrables…
Rassurons-nous, les jeunes intervenants nouvellement
confrontés à ce foisonnement de réglementations
ne se découragent pas. Adrien Raimond, depuis
peu secrétaire général du SNCVA, pour ne citer que
lui, a réussi une synthèse, pédagogique et très claire,
des nouvelles procédures d’homologation consécutives
au passage à 40 km/h des véhicules de moins de
2,55 mètres de large.
Mêmes propos encourageants de la part de M. Douillet
de la MSA : face aux difficultés d’application des
contrôles obligatoires, dont la fréquence et le coût
prohibitif découragent les plus téméraires, elle fait
état de réflexions relatives à la mise en place de
formations spécifiques.
Les bénéficiaires potentiels,
mécaniciens ou utilisateurs, pourraient ainsi être
agréés en tant que vérificateurs internes.
De toute façon, il faut trouver des solutions, les chiffres
de l’accidentologie sont là pour nous le rappeler.
D’autant que l’arsenal répressif et les sanctions juridiques
civiles ou pénales, précisés avec clarté par
José Robinet, se sont enrichies d’un nouveau délit, la
mise en danger de la personne.
Alors, effectivement, pour éviter le “trop, c’est trop”,
la saturation de réglementations inadaptées, changeons
d’attitude.
Les atteintes aux personnes ou à
l’environnement étant principalement à l’origine du
durcissement des réglementations, élargissons à
d’autres activités l’expérience de la “Phyt’attitude”,
dont nous a entretenu avec conviction J-M. Reignier.
Dans ce domaine significatif de la pulvérisation,
l’étude statistique des causes et des conséquences
des atteintes à l’environnement, relayée par les
exemples de réalisations des différents constructeurs,
commentés par M. Morel, donne un ensemble
de réflexions riches d’enseignement.
La tâche est d’importance, il reste matière à alimenter
encore beaucoup de réunions et de conférences.
Comme le rappelait Ph. Estanove, nous n’avons pas
fait aujourd’hui un point exhaustif de la situation.
Bon courage pour la suite donc.
René AUTELLET |